17 janvier 2017

Koi ke bzzz ?

koi ke bzzz

 

Koi ke bzzz ? Kézako ? Mais qu'est ce que c'est que ce binz ? Au début j'ai cru que ce très bel album n'avait pas été traduit en français. Et puis intriguée et confiante en la capacité des livres à nous surprendre et nous émerveiller (et dans le talent de l'autrice), je me suis lancée.

On y plonge comme si on s'immergeait d'un coup dans un monde parallèle. Un monde immense et riche, où on serait minuscule.

D'abord il y a les illustrations de Carson Ellis : grandioses, poétiques. Et les dialogues comme une musique, bruissante et fourmillante, à travers laquelle le décor prend vie.

Le plan fixe tout au long de l'histoire, assez inédit dans un album jeunesse, donne toute sa place à la temporalité dans laquelle se joue la dramaturgie de l'album : dans le monde minuscule de la nature vue à la loupe se jouent des conquêtes inattendues et des drames bouleversants, quoique éphémères, à côtés desquels on aurait bien pu passer, si on n'avait pas été insecte le temps de quelques pages…

Carson Ellis m'avait conquise avec Chez Nous. La sobriété douce de son univers, sa poésie brute, son esthétique à la fois douillette et dépouillée m'avaient m'avaient beaucoup touchée.

Elle vit en Oregon, à l'ouest du far-west, là où les forêts poussent plus haut que le ciel et où les ratons-laveurs sont plus nombreux que les hommes. Peut être est-ce pour cela qu'elle attache autant d'importance au chez-soi, à la nécessité d'un cocon douillet au sein d'une nature qui nous dépasse et nous bouleverse. Comme dans Chez Nous, elle confectionne dans Koi ke bzzz ? du bout de ses pinceaux de petits logis douillets, de minuscules demeures pleines de chaleur et d'espoir.

Quant à ce texte étonnant, entièrement dialogué, et en langue d'insecte, il vibre d'une musique enchanteresse, une gourmandise à lire à voix haute.

Etrange, déroutant et audacieux, d'une infinie poésie,  pas étonnant que cet objet littéraire non identifié soit édité chez Hélium.

 

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Koi ke bzzz ?, Carson Ellis

Hélium, 2016

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07 janvier 2017

La monture de Castor-Têtu

monture castor têtu

 

Il va sans dire que chez les papooses, les histoires d'indiens sont accueillies avec une attention toute particulière. L'inénarrable Castor-Têtu s'est tout de suite fait une place de choix au panthéon des papooses littéraires, entre Yakari et Oumpapoose. Alors quelle ne fut pas la danse de la joie quand il a repointé le bout de son nez dans de nouvelles aventures !

Dans ce nouvel opus, le petit indien qui voit les braves partir fièrement sur leur monture se dit qu'il veut un cheval pour partir chasser le bison, lui aussi. Castor-Têtu est du genre à prendre les choses en main. Alors il se met en quête d'un cheval. Le voilà qui part seul, armé de son lasso, traversant la rivière en canoë, à la recherche d'un cheval à capturer. Quand dans la grande prairie, il sent la terre vibrer sous ses pieds, il se dit que c'est sûr, c'est le galop d'un cheval.

Mais si tout se déroulait comme prévu, les histoires de Castor-Têtu n'auraient pas cette saveur. Castor-Têtu brave des dangers comme il peut, revoit ses ambitions épiques un peu à la baisse sans rien perdre de son flegme. Il y a dans ses péripéties une dimension comique qui confine au gag.

On dit d'un brave qu'il a du coeur, du courage. Castor-Têtu a aussi un grand coeur. S'il n'est pas encore tout à fait assez costaud pour surmonter les épreuves par la force, c'est encore une fois par sa générosité qu'il s'en sort, de façon peu orthodoxe mais avec honneur.

Il y a dans les aventures de ce valeureux papoose un esprit d'harmonie et de partage avec le monde animal et la nature environnante. Les illustrations épurées d'Audrey Poussier embrassent cette idée de simplicité et de bienveillance. Et surtout, il y a cette note d'humour, cette cocasserie dans le subtil dialogue entre le texte et l'image qui nous réjouit tout particulièrement.

 

 

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La monture de Castor-Têtu, Jean Leroy et Audrey Poussier.

L'école des loisirs. 2016.

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03 janvier 2017

Dans le ventre de la terre

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« Dans le ventre de la Terre, il y a un enfant. Minuscule. Oublié ? »

 

L'histoire qui se raconte ici est à la fois mystérieuse et lumineuse. Unique et universelle.

C'est l'histoire de la vie qui se prépare, avant qu'elle ne s 'éveille. La vie minuscule, encore endormie dans le secret de la terre, dans les profondeurs intérieures.

Les illustrations enchanteresses de Fanny Ducassé, qui prennent ici une dimension symbolique, mythologique, sont d'une beauté stupéfiante. La nature s'y déploie dans toute sa richesse et sa luxuriance. Aux motifs floraux et végétaux qu'elle affectionne s'ajoutent les mers et les coquillages, le ciel et les étoiles, les hommes et leurs maisons. C'est l'univers entier qui semble se préparer à la venue de l'enfant.

Ce texte est un poème en prose, les images y sont puissantes, les mots y composent une musique, comme une incantation. La puissance créatrice des illustrations répond à ce texte magnifique avec une liberté, une fantaisie qui l'enrichissent infiniment.

De nombreuses fois je me suis laissée bercer par ce texte comme un poème, longtemps je me suis plongée dans ces illustrations somptueuses, sans réussir à commenter cet album, tant il forme un tout plein et harmonieux, tant il se suffit à lui même.

Je ne saurai donc que trop vous encourager à le découvrir à votre tour, à boire sa poésie et vous nourrir de sa beauté graphique.

dans le ventre image

A retrouver chez Pépita, chez Noukette et chez Littérature enfantine

 

Dans le ventre de la Terre, Cécile Roumiguière et Fanny Ducassé

Seuil Jeunesse. 2016

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21 décembre 2016

Le cadeau du Père Noël

le cadeau du pere noel

 

Submergés par une production pléthorique étiquetée « Noël », il n'est pas toujours aisé de faire le tri. De temps en temps, un très bel album sur le thème émerge. J'ai repêché celui là il y a quelques années sur l'étagère poussiéreuse d'un bouquiniste... et quelle merveille !

Il date de 1995. (oui, oui, ça peut faire grincer les dents d'y penser, mais ça fait plus de 20 ans.) C'est Le cadeau du Père Noël, et c'est bien un trésor que cet album.

Sur un fond bleu et floconneux, le père Noël s'élance, une paire de skis aux pieds, écharpe et barbe au vent. De facture classique, l'album s'ouvre sur des paysages enneigés, un village de carte postale aux toits recouverts d'une épaisse couche de neige. L'imagerie traditionnelle de Noël est là, et déjà, on se sent bien. La lumière dorée des fenêtres, les ombres bleutées du relief arrondi par la neige, la couche meringuée qui fige le village et l'enveloppe d'une douceur cotonneuse.

Dans ce village que la neige a rendu impénétrable, les enfants s'inquiètent de la visite du Père Noël, qui risque d'être compromise. Celui-ci, chaussé de ses skis, décide d'apporter à tout le village un cadeau modeste et infiniment bienfaisant, celui qui saura ravir tout le monde et faire naître convivialité et chaleur dans le cœur de tous.

Alors oui, c'est peut être un thème éculé. Avec sa nostalgie des veillées hivernales d'antan et sa façon de rendre hommage aux choses simples, ce n'est peut être pas pas son originalité que cet album brille. Et pourtant, sa saveur est bien là, dans la beauté de ses illustrations, dans la grâce délicate de ses couleurs hivernales et dans la bienheureuse simplicité qui s'en dégage. Un magnifique conte de noël.

 

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Le cadeau du Père Noël, Dorothea Lachner et Maja Dusikova

Editions Nord-Sud. 1995

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18 décembre 2016

Tout autour

Tout autour

 

Grand format à l'italienne, collage dorés et crayon sur fond noir mat, c'est dans un écrin somptueux qu'Ilya Green nous livre son dernier trésor.

Ce trésor, c'est le secret que nous confie la narratrice, cette histoire qui fait partie d'elle, le chagrin profond de la perte. Celle de sa mère.

Au commencement, ce sentiment de plénitude et d'harmonie.

J'étais petite.

J'étais le centre du monde.

Et ma mère était là.”

Les phrases sont courtes, l'essentiel est là.

On était le tout.

Le monde était en moi.”

 

Les illustrations qui jouent entre le noir et les couleurs éclatantes se déploient avec grâce.

Et puis un jour les ombres de la maladie s'étendent sur le corps de la mère qui retourne à la terre, la perte, le vide, la tristesse infinie.

Enfin, la vie qui se reconstruit. L'arbre qui pousse dans la terre arrosée de larmes. La renaissance et la résilience de l'enfant.

 

Dessiner comme on réapprend à vivre. Du processus de création comme processus de reconstruction et retour à la vie. La voix de l'autrice semble se superposer à celle de la narratrice, pour n'être plus qu'une voix.  La douleur fait place à l'espoir, le vide à la création. Et puis l'arbre, si symbolique, si essentiel et si cher à l'autrice et à son univers. Etonnant texte d'Ilya Green, presque dérangeant tant il a l'air intime.

Il m'a fallu un peu de temps pour digérer cette histoire, pour trouver les mots afin d'en parler. Tout Autour est un album bouleversant, douloureusement optimiste, à la fois sombre et lumineux. Un objet littéraire graphiquement somptueux, comme cette grande artiste qu'est Ilya Green sait en ciseler.

 

tout autour page1

Tout autour page

 

Lire les avis de Pépita, Vivrelire et Colette

 

Tout Autour, Ilya Green

Didier Jeunesse. 2016.

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23 novembre 2016

Un ours à l'école

Un ours a l'école

 

C'est l'histoire d'un petit ours qui (comme bien d'autres avant lui) retarde un peu l'heure du coucher. Pendant que sa maman prépare la tanière pour hiberner, il fait un dernier tour dans la forêt. Il s'aventure même un peu plus loin que d'habitude, et au détour d'un arbre, fait une étrange trouvaille. Un objet chaud, doux et rigolo, qui peut se mettre sur la tête.

Continuant son chemin, il se retrouve devant un lieu étrange et attirant, plein d'enfants qui jouent joyeusement. Curieux, il s'approche, et se retrouve dans la cour de récréation d'une école, et bientôt assis en classe.

Introduire dans l'école ceux qui n'ont normalement rien à y faire offre un potentiel comique bien connu des albums jeunesse, qui a le don de réjouir les mouflets. Ainsi, au détour de quelques albums, on a déjà pu croiser à l'école un chien, un petit monstre... ou même une maman décalée ou des parents intenables !

Cette fois c'est un ourson, qui se garde bien de jouer aux clowns, tout ingénu et perdu qu'il est. D'ailleurs, c'est avec tendresse et compassion que les papooses écoutent son histoire. C'est l'oeil toujours un peu inquiet qu'elles le voient s'endormir en classe et se faire gronder par la maîtresse, puis se faire raccompagner dans la forêt, car l'école n'est pas un endroit pour un ourson.

Heureusement, les parents sont fidèles à « l'heure des mamans », et les mamans ours ne dérogent pas à la règle...

Difficile de ne pas fondre devant cette histoire touchante et cet ourson irrésistible. Les illustrations à l'aquarelle sont d'une infinie douceur, avec une pointe de mélancolie qui ne dément pas le charme de l'album.

 

un ours à l'ecole trouvaille

 

Un ours à l'école, Jean-Luc Englebert

Pastel. 2015

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20 novembre 2016

L'imagier le plus fou du monde

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Attention, vous avez bien lu, cet imagier est fou. C'est même « le plus fou du monde » nous annonce le titre. En conséquence, il est désordonné et fantaisiste dans sa structure même. Les catégories suivent davantage une certaine poésie qu'une logique de catalogue. A travers un voyage dans la vie d'Otto, charmant petit animal, on passe de « Enfin l'été » aux « Divines Douceurs » puis à « Vroum vroum ». La composition graphique varie au gré des possibilités. Ici les éléments sont juxtaposés et étiquetés comme sur un catalogue (et libérés de toute convention d'échelle), là ils s'imbriquent les uns avec les autres pour créer une scène, un univers à part entière, avec son paysage, et son atmosphère. Un catalogue délirant d'êtres et d'objets existants ou imaginaires se côtoyant dans un joyeux désordre.

Mais c'est surtout par son audace graphique qu'on peut dire de cet imagier qu'il est fou. La multitude de formes, l'explosion de couleurs, la mosaïque d'objets et de personnages hétéroclites qui empruntent autant au quotidien qu'à l'imaginaire : c'est un petit monde coloré et bouillonnant qui se dessine au fil des pages. Cette accumulation volontaire, truffée de petits détails comiques ou clins d'oeil malicieux. Le texte surgit, s'imbrique et se balade, parallèlement à la profusion graphique, pour composer un immense pot-pourri polyphonique. Si l'ensemble peut manquer de clarté, nombreuses sont les entrées, comme différents petits fils à tirer pour accéder à cette toile foisonnante. Ainsi, la lecture se fera forcément de façon morcelée, on en grignote un bout par ici ; on picore un autre par là. On s'émerveille de cette planche là sans chercher à entrer dans les détails, ou au contraire on émiette chaque objet, on scrute chaque détail d'un œil curieux et amusé.

Peut être que cet imagier est fou en effet, en tout cas, il m'aura fait découvrir Tom Schamp, un illustrateur au talent fou.

 

imagier maison camion

 

L'imagier le plus fou du monde, Tom Schamp

Milan. 2016.

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06 novembre 2016

La Grande Forêt

La grande forêt

D'abord une de ces forêts, atemporelle et mystérieuse comme dans les contes, des bouleaux et des pins qui s'avancent sur la lisière d'un lac. Un décor « Brouillardien » et déjà enchanteur sur la couverture. Ensuite, il y a les cartes et la topographie d'un univers merveilleux. Et puis une histoire qui se déroule entre récit illustré et bande dessinée, une histoire riche et conséquente, en huit chapitres richement illustrés .

N'imaginez pas grignoter ça à la va-vite, en histoire du soir improvisée entre le brossage des dents et l'extinction des feux alors que vous êtes déjà sur le point de dépasser les heures décentes. Non, non, La Grande Forêt est une histoire qui demande qu'on prenne le temps de s'installer. De préférence avec un thé fumant devant une cheminée. De chausser ses lunettes et d'envelopper ses pieds sous la couette. Bon, ne disposant présentement ni de cheminée, ni de lunettes, on optera pour une après-midi lecture bien emmitouflés sur le canapé, le thé et la couette fournissant un équipement convenable.

Le Chapitre 1 s'ouvre sur un été pluvieux au pays du lac tranquille. Killiok, bien au chaud chez lui, s'inquiète de ne pas voir son ami Vari Tchésou. Il se décide à rendre visite à son amie Véronica, dans l'espoir qu'elle en sache plus. Autour d'un gâteau chaud, ils discutent. Personne n'a vu Vari Tchésou, tout cela est inquiétant, d'autant que des inconnus rodent autour du lac. Les corbeaux ont entendu parler d'un drôle de laboratoire… Killiok et Véronika décident de se préparer pour partir à sa recherche, en compagnie des corbeaux. Les préparatifs sont sérieux : une carte, un sac à dos et une valise remplis de provisions et d'accessoires de survie.

C'est parti pour l'aventure, la quête de Vari Tchésou, à travers les paysages envoûtants du Pays du Lac Tranquille.

On pourrait être tenté de penser à Tolkien pour la puissance de son imaginaire, la beauté naturelle des paysages, la précision cartographique de ses pays et de ses lacs. Mais c'est un tout autre monde, si proche pourtant du notre. Le monde de l'enfance, peut être. Le monde ou les animaux parlent, où les personnages n'ont pas besoin d'être humains. Le monde où on peut s'appeler Vari Tchésou ou Pikkeli Mimou. La poésie des noms, la beauté des illustrations. La façon dont Anne Brouillard, comme souvent, nous fait ressentir toute la beauté du dehors et la chaleur du dedans, alterne l'inquiétant, le sauvage, et le chez-soi réconfortant. Tout parle à l'enfant qui est en nous.

On ne peut qu'être subjugué devant ce travail d'une rare beauté, cet univers si merveilleux et tout ce qu'il peut faire résonner en nous. Il y a tant d'autres choses à dire, tant de délicieux détails, car l'oeuvre est dense et incroyablement riche. Mais je vous inviterai, à votre tour, à vous plonger doucement dans cet album envoûtant, bien au chaud sur un fauteuil confortable, avec un thé fumant...

Pages de Grande foret p15

 

Pages de Grande foret p 20

 

La Grande Forêt, Anne Brouillard.

Pastel. 2015

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03 novembre 2016

Henri est en retard

Henri est en retard

 

Quand sort un nouvel album d'Adrien Albert, c'est toujours la fête dans le Tiroir ! On adore Simon le lapin plus rapide que le train, Mona et sa fusée dans Papa sur la Lune, Au feu Petit-Pierre, le mouflet qui n'a peur de rien dans Train Fantôme, Zélie et cambrioleurs pas doués... On adore sa ligne claire, le naturel avec lequel il fait apparaître la fantaisie dans le quotidien, la façon dont il plonge dans le monde de l'enfance.

Henri est en retard commence dans la pénombre matinale de la chambre parentale. La mine de papier mâché des parents encore au lit, et les mouchoirs en boule qui encombrent la table de chevet sont sans équivoque : les parents d'Henri sont malades : ils ne peuvent pas l'emmener à l'école aujourd'hui. On connaît des enfants qui se réjouiraient d'une telle situation inespérée, mais pas Henri, comme en témoignent sa petite mine déconfite, son air grognon au dessus du bol de céréales qu'il prend tout seul, et son appel au secours / coup de gueule au téléphone, où il appelle Papi à la rescousse (et que ça saute !)

C'est à l'instant ou Papi fait irruption dans la pièce à peine le téléphone raccroché qu'on sent que l'aventure s'enclenche, qu'à partir de maintenant, les règles habituelles ne s'appliquent plus. Les lois temporelles, physiques ou météorologiques n'obéissent plus qu'à l'imagination. Tout est possible, l'histoire peut commencer pour de vrai, c'est parti. Comme Henri derrière Papi sur la moto qui pétarade.

« On est en retard ? » demande Henri.

« Non », répond Papi.

Je ne vous ferai pas l'affront de vous dévoiler toutes les péripéties de cette incroyable aventure, mais sachez que vous aurez droit à de grands espaces, à une balade ornithologique improvisée car Papi (comme le nôtre), connaît bien les oiseaux, à un intermède romantique (si, si!), et à un accueil à l'école chaleureux dans une salle de classe rêvée où tout n'est que couleurs, luxe, calme et volupté.D'ailleurs (l'ai-je précisé ?), Henri adore l'école.

Quant à nous, plus que jamais, on adore les albums pétillants, malicieux et épatants d'Adrien Albert.

 

Henri est en retard, Adrien Albert

L'école des loisirs, 2016.

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31 octobre 2016

Ma cabane

Ma cabane

 

La cabane que le narrateur nous invite à découvrir est bien cachée au milieu de la forêt. Petit havre de civilisation noyé dans un océan de végétation. Il doit y avoir une réjouissance particulière à étaler sur la page autant de verts. La cabane, rouge vif au toit bleu, est fort accueillante. La nature qui l'entoure, bien que sauvage, n'a rien d'hostile. Il y a là une esthétique du primitif, où on rejoint le narrateur dans sa joie d'embrasser des paysages grandioses et une nature intacte. Les illustrations de Loïc Froissard (qu'on avait découvert avec enthousiasme dans Je voulais un chat et j'ai une sœur) la mettent remarquablement en valeur. De son trait naïf et de ses couleurs intenses il se dégage de cette forêt, de ces lacs et de ces torrents une fraîcheur séduisante et une atmosphère de bienveillance et d'insouciance.

Même les bêtes sauvages qui peuplent la forêt sont plus curieuses et malicieuses qu'inquiétantes, j'en veux pour preuve le héros animal de l'histoire parallèle qui se déroule à l'insu du héros/narrateur. La connivence créée par les images réjouissent le jeune lecteur, qui regarde attentivement les illustrations, quand une partie échappe immanquablement à celui qui lit à voix haute, à la première lecture.

Voilà donc une bonne excuse pour se précipiter et relire cet album réussi, en appréciant toute sa construction graphique. On l'adore !

 

A lire : la chronique de Chlop dans Littérature Enfantine.

 

Ma Cabane, Loïc Froissart

Le Rouergue, 2016.

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