24 janvier 2013

Barbapapa

barbapapa maison habitée

A en juger par la quantité des titres et l'omniprésence de leurs produits dérivés, on peut trouver aux Barbapapa un goût de sucre au colorant un peu écœurant. Car on est bien d'accord, trop de Barbapapa tue les Barbapapa. Ça fait donc un moment que je me débats tant bien que mal dans ce dilemme entre la nostalgie de mon enfance et la résistance aux franchises tentaculaires qui régissent les lois du marché jeunesse.

Mes filles adorent les Barbapapa. Je crois même que ma deuxième disait « Bapapa » avant de savoir dire « papa ». (Ou si peu après que c'en était tout aussi désobligeant). Ce qui n'atteste en rien leur qualité, les héros de mes enfants n'étant « pas des amis choisis par Montaigne et La Boétie » comme dirait ce bon vieux Georges, et je dois admettre que le bon goût ne fait pas partie de leurs critères de choix. (Je n'ai à ce jour toujours pas compris pourquoi _et ne l'assume absolument pas_ elles se pâment en criant « C'est Hello Kitty !!! » dés qu'elles aperçoivent cette horrible espèce de chat rose kitsh et criard au coin d'une vitrine) Les enfants sont des cibles marketing encore plus vulnérables que nous, ces chacals de chez Disney et autres franchises l'ont bien compris.

Mais revenons à nos bonbons polymorphes. Parce que finalement, les enfants adorent, mais il semble que les parents replongent dedans tête la première avec un plaisir certain. En fait, ce qui plait chez les Barbapapa, en plus de leur bonne humeur et de leurs grosses bouilles sympathiques, ce sont les possibilités infinies qui s'ouvrent à l'imaginaire, avec ces bonhommes rigolos qui peuvent prendre toutes les formes. La famille Barbapapa, atemporelle mais néanmoins héritière des seventies où elle est née, illustre intarissablement la créativité et l'ingéniosité dans une esthétique assez psychédélique, tout en véhiculant les valeurs les plus sympathiques de l'époque : altruisme, protection de l'environnement... (en revanche pour le féminisme, on repassera.)

Sous leur apparente simplicité, les illustrations sont soignées (en tout cas dans les premiers grands albums), avec une mention particulière pour les maisons et toutes les constructions, dessinées avec finesse et créativité. Dans le tout premier album, simplement intitulé Barbapapa, Annette Tison dessine les stations parisiennes de métro art déco et les immeubles haussmanniens. Dans La Maison des Barbapapa, ils construisent la leur, une merveille architecturale toute en rondeur et cellules, où on voudrait revenir se blottir, comme dans le ventre d'une maman.barbapapa maison

Je ne connais pas la pléthore de mini-albums imagiers, mais je sais que certaines librairies ont une gondole entière consacrée aux Barbapapa (comme quoi on peut être friandise sucrée et vache à lait), mais en ce qui me concerne, mes préférés sont :

Barbapapa ou la naissance de Barbapapa et le début de sa vie à Paris

Le Voyage de Barbapapa, où il parcourt le monde de New York à l'Inde pour trouver une Barbamama, avec qui il vécut heureux et eut beaucoup d'enfants.

L'Hiver de Barbapapa, où comment les oiseaux des pays chauds dépériraient sous nos climats (très rigolo malgré la teneur écologique du message)

La Maison de Barbapapa, et ses jolies constructions.

PS: L et N rajoutent L'Ecole de Barbapapa (qui selon moi n'a aucun sens, mais que voulez-vous), juste parce qu'elles aiment bien la petite fille qui hurle bouche grande ouverte à chaque page.

Age de lecture conseillé : les personnages plaisent dés 1 an, les histoires à partir de 2 ans.

Barbapapa escalier

babapapa original

Posté par indienagawika à 21:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Commentaires sur Barbapapa

Nouveau commentaire