12 février 2013

Anti-Ponti repentie

ile_des_zertes

Je l'avoue, j'ai eu du mal à rentrer dans Ponti (il pourrait faire un très beau dessin de cette phrase d'ailleurs). Ses dessins exerçaient sur moi un étrange mélange d'attirance/répulsion, et en toute honnêteté, les jeux de mots des titres me donnaient envie de partir en courant. Lorsqu'il m'est arrivé d'ouvrir un album au hasard parce qu'il m'intriguait, j'étais immédiatement rebutée par le non sens du texte et les personnages toujours à moitié monstrueux, et je le refermais très vite, sans jamais vraiment réussir à le feuilleter.

Donc, je ne me suis pas forcée. J'ai soigneusement évité. Jusqu'au jour où on a découvert L'album d'Adèle à la bibliothèque. Format imposant, illustrations magistrales, un imagier somptueux où se bousculent une jolie théière, des poussins (évidemment), une pomme, une girafe, des bottes de sept lieues, un bébé, un nounours, un couteau, une fourchette, et la liste est longue dans ce bazar hétéroclite et si soigné. Un catalogue d'objets insolites qui dansent comme des notes de musiques autour d'une petite fille qui serait le chef d'orchestre. Je n'ai réalisé qu'après l'enchantement que c'était un livre de Claude Ponti (le titre était normal, je ne m'étais pas méfiée). C'est donc par la beauté visuelle de son univers que j'ai pu aborder Ponti. C'est un des plus beaux imagiers qu'il m'ait été donné de feuilleter, une histoire sans texte aux multiples histoires, qui s'achève sur ces seuls mots : « Adèle est une petite fille qui existe réellement. Quand elle est née, elle a poussé un cri minuscule et puis elle a ouvert les yeux… Ce livre est pour elle. ». Dans mes rêves les plus fous, je n'ose imaginer être le l'auteur de pareil cadeau de naissance...

albumadele

Puis L et N ont découvert et aimé Tromboline et Foulbazar (dont on a parlé ici et un peu là), et ont adoré éplucher les Dans le Loup, Dans la voiture, Dans la pomme. J'ai commencé à accrocher à cette logique absurde et pourtant implacablement logique, à cet univers farfelu mais très parlant.

Et maintenant, on a plongé dans les Ponti pour les grands : Le Chien Invisible a remporté un franc succès. Quelques pages de concentré d'enfance a l'état pur, dans cet imaginaire débordant, dans cette logique abracadabrante, et dans ce mélange de tendresse et de cruauté. J'ai trouvé poignante l'histoire d'Oum-Popotte, qui vit avec ses « parents en carton » aussi inutiles qu'effrayants quand ils sont de mauvaise humeur (heureusement, Oum-Popotte peut retourner leur tête côté sourire). Mais ce n'est qu'un aspect de l'histoire, riche de multiples autres facettes. Un enfant délaissé, seul. Et la magie qui fait irruption dans son quotidien un peu sordide, sous la forme d'un chien... invisible. Et une complicité qui se construit, sous les ricanements ou les froncements de sourcils des autres, qui décidemment n'y comprennent jamais rien. Et si de lire des albums de ponti ça nous évitait de faire une psychothérapie ? ;)

 

chieninvisible1

Ça y est, je suis « rentrée » dans l'univers étrange et foisonnant de Claude Ponti, et je vous en reparlerai sans doute bientôt.

 

L'album d'Adèle, Claude Ponti. L'école des loisirs.

Le Chien Invisible, Claude Ponti. L'école des loisirs.

Posté par indienagawika à 22:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Anti-Ponti repentie

    nous c'est avec "blaise et le chateau d'anne hiversaire" que nous sommes entrés ds Ponti. UN vrai régal, dans tous les sens du terme, même avec des enfants jeunes! je vous le conseille,et en grand format tant qu'à faire pour profiter des détails des illustrations

    Posté par isa, 14 mars 2013 à 22:12 | | Répondre
  • Oh oui, tu as raison, il est absolument superbe ! J'adore le dessin de la maison arbre, je le trouve somptueux, et la grande double page où des tas de personnages de la littérature jeunesse et de la BD se sont glissés parmi les invités de la fête d'Anne Hiversaire !

    Posté par indienagawika, 15 mars 2013 à 15:24 | | Répondre
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