18 mai 2013

Le Doudou Méchant ou le délit de sale titre

le doudou mechant

Si je me méfiais de cet album autant qu'il m'intriguait, c'est parce que son seul titre me faisait frémir, je dois dire... J'imaginais une histoire à la Chucky, un doudou à l'air inoffensif qui se métamorphosait la nuit en monstre sanguinaire... le genre d'histoire à rendre vos enfants insomniaques et paranoïaques pour le reste de leur vie. Mais comment donc la bibliothèque osait-elle le proposer à des moins de 18 ans ??!

J'ai donc du l'ouvrir pour en avoir le coeur net. Et me voilà donc non seulement rassurée, mais plutôt emballée je dois dire.

D'accord, le doudou est méchant, mais pas avec son propriétaire. Et puis contrairement à dans les films d'horreur, il est méchant le jour, mais la nuit, il dort, et fait tranquillement son boulot de doudou. Et enfin, il y a une raison à sa méchanceté... que l'on découvrira à la fin, pour mieux pouvoir y remédier. Ce Doudou incarne donc la part de méchanceté qui est en chacun de nous, ce qui ne manquera pas de laisser les lecteurs songeurs.

C'est Oups, le petit héros de l'histoire qui donne vie à ce doudou en forme de taie d'oreiller en le remplissant de plumes. Au début, il est ravi d'avoir trouvé un ami, mais très vite, le doudou souffle de mauvaises bonnes idées à Oups, des idées de bêtises qui font du mal aux gens, des idées de bêtises de plus en plus graves... jusqu'à la bêtise qui fait exploser le monde (rien que ça).

Mais la fin du monde n'est pas la fin de l'histoire, heureusement, et dans un monde post-apocalyptique, Oups va devoir assumer sa grosse bêtise, la réparer, et résoudre le problème du Doudou méchant, qui pourra enfin devenir gentil. Comme souvent chez Ponti, la fin est heureuse et la famille réunie. Doublement réunie puisqu'Oups retrouve ses parents et le Doudou a rencontré une doudoue avec qui il a beaucoup d'enfants : tout le monde peut à présent vivre heureux.

C'est aussi un récit incroyablement riche, avec comme toujours plusieurs couches de sens. Il y a une vraie dimension mythologique aux péripéties du petit héros : la forêt de couverts à nettoyer de Crabamorr qui ne se sert jamais deux fois des mêmes est une version rigolote des écuries d'Augias, quant à la cruche percée, c'est le tonneau des Danaïdes...

Mi-petit garçon, mi-écureuil, à la recherche d'un ami, Oups est le double d'Oum-Popotte dans Le Chien Invisible, ami qui, s'il n'était pas vraiment méchant, prenait un malin plaisir à jouer quelques tours à l'entourage de son petit maître.

Voilà une histoire qui fait grandir encore une fois, en faisant réfléchir à beaucoup de choses. Il faut voir le regard des jeunes lecteurs au départ grisés par ces bêtises commises en toute impunité devenir réprobateur puis profondément bouleversé à mesure que les bêtises deviennent plus graves.

Le Doudou Méchant est aussi un album graphiquement très riche, et même si comme j'ai déjà pu le dire j'ai personnellement du mal à accrocher aux personnages mi-humains mi-animaux de Ponti, ses décors sont absolument magiques et son univers tojours aussi foisonnant et poétique. Les maisons-arbres dont je suis inconditionnelle atteignent ici la dimension de village-forêt : une réjouissance illustrée !

 

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Le Doudou Méchant, Claude Ponti

L'école des loisirs.

Posté par indienagawika à 17:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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