29 mai 2013

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie : Cahier d'un retour au pays natal

Une fois n'est pas coutume, un petit tour dans le tiroir des grands avec le dernier roman d'une des plus talentueuses écrivaines contemporaines anglophones : Chimamanda Ngozi Adichie et son Americanah.

americanah

Assise dans la moiteur d'un salon de coiffure du New Jersey pendant qu'une coiffeuse sénégalaise lui tresse les cheveux, les pensées d'Ifemulu voguent sur sa vie aux Etats-Unis, son blog « Raceteenth or Various Observations on American Blacks by a Non-American Black », sa rupture avec Blaine le charmant universitaire plein d'éthique, puis ses années lycées au Nigéria et son amour d'alors : Obinze.

De flashback en flashback, dans une écriture fluide, Chimamanda déroule (dans le désordre) plusieurs chapitres de la vie d'Ifemelu, de l'adolescence à l'âge adulte, avec sensibilité et intelligence. En parallèle, une partie du parcours d'Obinze, une version plus amère d'une autre histoire immigration, puis son retour au Nigéria couronné de succès social.

Ifemelu et Obinze se retrouvent à Lagos à la fin du roman, à l'heure de nouveaux choix.

C'est un récit sur l'immigration, un article anthropologique sur les moeurs nord-américaines, sur le temps qui passe et les choix qui s'offrent, mais c'est surtout l'histoire d'un grand amour.

Ses deux premiers romans, L'Hibiscus Pourpre1 et L'Autre moitié du Soleil2 étaient profondément ancrés au Nigéria. Les nouvelles de The Thing around your neck étaient déjà à cheval entre le Nigéria et les Etats-Unis et abordaient déjà les thématiques de choc culturel, de races, et la question du chez-soi.

Les personnages sont remarquablement vivants, humains dans leur complexité, et l'auteur les dépeint sous plusieurs lumières, à différentes époques et sous plusieurs angles de vue.

Dans une prose virtuose, tour à tour drôle, touchante ou douloureuse mais toujours pleine de justesse, elle donne vie à une foule de personnages attachants (ou non) et bien campés, et saisit les drames des vies individuelles comme les travers des sociétés.

Je me suis souvenue avec quelle nostalgie je quittais le personnage de Kambili en refermant l'Hibiscus Pourpre. Chimamanda Nogozi Adichie sait insuffler à ses personnages une profonde humanité et une véritable aura, suscitant chez le lecteur une empathie comme s'ils s'agissait de personnes en chair et en os.

C'est un roman riche, dense, incroyablement bien écrit, à lire en anglais si possible pour en saisir tout l'humour et toute l'acuité.

 

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie.

1The Purple Hibiscus, Chimamanda Ngozi Adichie

2Half of a Yellow Sun, Chimamanda Ngozi Adichie

Posté par indienagawika à 14:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


Commentaires sur Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie : Cahier d'un retour au pays natal

Nouveau commentaire