02 février 2014

A Calicochon

calicochon cover

 

Monsieur Porchon vivait avec ses deux fils dans une belle maison avec un beau jardin. A l'intérieur de sa maison, il y avait madame Porchon. Chaque matin avant de partir à son important travail, il criait à mme Porchon de se dépêcher de lui apporter le petit déjeuner, de même que ses fils avant de se rendre dans leur importante école. Puis, Madame Porchon lavait la vaisselle du petit déjeuner, faisait tous les lits, passait l'aspirateur, puis elle se rendait à son travail.

Le soir, rebelote. Jusqu'au jour ou M. Porchon et ses fils trouvent la maison vide un soir en rentrant de leur important travail et de leur importante école, avec seulement un mot laissé sur la cheminée.

Anthony Browne dénonce sans détour un des aspects modernes de l'inégalité homme/femme dans cet album à la couverture explicite (qui rappelle cette caricature révolutionnaire1 connue des livres d'histoire). La caricature est là bien sûr, mais sans être grossière. Les tâches de Mme Porchon sont énumérées de façon très factuelles. Comme toujours chez Anthony Browne, l'étrange vient se mêler au quotidien familier, et les trois phallocrates Porchon se changent en cochons, les objets qui les entourent se transformant imperceptiblement les uns après les autres, préfigurant leur métamorphose.

Le texte commence fort, en présentant le personnage (qui se veut) principal traditionnellement, et le personnage clé (Mme Porchon) comme l'un des biens appartenant à M. Porchon, après sa voiture et son garage. Et les illustrations ne sont pas en reste, Browne y glisse habilement son propos, en alternant grandes planches et petites vignettes. Au début de l'histoire, Alors que M. Porchon et ses fils affichent des visages satisfaits aux joues roses, Mme Porchon n'a pas de visage, toujours penchée sur sa tâche. Il ne commence à apparaitre qu'au changement dans la répartitions des tâches à la maison, après son retour, et son vrai visage, souriant, n'est dévoilé que sur l'avant dernière page, juste avant de nous en dire plus sur qui elle est vraiment. Les fans de Browne se régaleront de ces illustrations subtiles, les autres seront forcés de reconnaître la pertinence et la sensibilité de son travail. Pour ma part, je trouve qu'il excelle encore une fois dans sa représentation ironique du quotidien petit-bourgeois.

Un album engagé, très actuel sous son look vintage, sur une des inégalités criantes qui persistent dans nos sociétés modernes. Bien dit, Monsieur Browne.

calicochon canapé

calicochon pigs

 

Retrouvez aussi les billets de Chlop et de la Mare aux Mots.

 

A Calicochon, Anthony Browne

Kaléidoscope, 2010. (réédition de l'album paru en 1986)

 

 

tiers etats

1 BONUS Histoire : Les trois ordres : la noblesse et le clergé écrasant le Tiers-Etat, 1789.

 

 

logoalbums2014

 

Posté par indienagawika à 07:20 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur A Calicochon

    je connais ça, ça vient de notre institutrice de grande section maternelle, non ?

    Posté par Carole, 02 février 2014 à 15:20 | | Répondre
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