17 juillet 2014

Wonder

Wonder-by-R

 

En anglais, « wonder » signifie aussi bien « merveille » qu'une idée d'énigme, d'interrogation.

Atteint d'une anomalie chromosomique qui lui cause une malformation du visage, August Pullman est une énigme médicale. Une sorte de point d'interrogation scientifique. Et un monstre pour les autres enfants. C'est aussi un être humain merveilleux, mais il faudra passer l'année scolaire avec lui pour s'en rendre compte.

Quand sa mère décide qu'il est temps, pour lui, d'entrer au collège, August sait plus ou moins à quoi s'attendre de la part des autres. Il inspire la peur, le dégoût. Il le sait. Il est habitué à ces regards choqués, tantôt ouvertement horrifiés, tantôt laborieusement polis.

Et en effet, cette année scolaire ne sera pas de tout repos. Julian et sa petite clique, les moqueries, le harcèlement, les trahisons. Les bons moments aussi. À travers le point de vue d'August, mais aussi de sa soeur, de Jack, et d'autres enfants de son entourage, le récit de cette année aborde bien des thèmes fondamentaux, au delà de la différence et de l'acceptation. Des autres surtout. De la façon dont on les perçoit, de ce qu'on fait pour être perçu, remarqué, accepté. Des choix qu'on est prêts à faire ou pas. Etre ou paraître. On y parle aussi très largement de la famille, du lien si fort et si complexe qui unit la fratrie. Comme se dit un des personnages, August n'a peut être pas été gâté par la vie, mais la vie prend soin de chacun, et protège August en lui donnant une famille aimante, tendre et intelligente, dont on a presque l'impression de faire partie.

Les personnages sont incroyablement attachants et leurs rapports sonnent souvent juste. On a sans cesse envie de rire et de pleurer tout au long de la lecture.

Les premières lignes du roman en petit avant-goût :

“I know I’m not an ordinary ten-year-old kid. I mean, sure, I do ordinary things. I eat ice cream. I ride my bike. I play ball. I have an XBox. Stuff like that makes me ordinary. I guess. And I feel ordinary. Inside. But I know ordinary kids don’t make other ordinary kids run away screaming in playgrounds. I know ordinary kids don’t get stared at wherever they go.
If I found a magic lamp and I could have one wish, I would wish that I had a normal face that no one ever noticed at all. I would wish that I could walk down the street without people seeing me and then doing that look-away thing. Here’s what I think: the only reason I’m not ordinary is that no one else sees me that way.”

Wonder est un roman américain dans tous ces petits travers et dans ses grandes qualités.

Je fais vraiment une overdose de ce système de castes en vigueur au collège et au lycée qui sert de toile de fond à l'ensemble des romans, films, séries qui mettent en scène des adolescents. L'obsession de la popularité, l'étiquetage des élèves en fonction de leur position sur l'échelle du cool m'ennuient ferme tout en me mettant vaguement mal à l'aise.

On pourrait aussi tiquer sur ce happy-end aussi éclatant, l'apothéose de la cérémonie de graduation, la disparition un peu facile du personnage de Julian, qui nuit je trouve à la crédibilité comme à l'intérêt de l'histoire. Mais c'est un roman qui est censé s'adresser aux plus jeunes, et à qui de ce fait on peut pardonner certaines simplifications. C'est une fable d'humanité dont on sort touché, ému, et je le crois, un peu changé.

On en retient surtout son optimisme délibéré et son inébranlable foi en l'être humain. Et ça fait du bien.

 

 

Wonder, RJ Palacio

Knopf books for Young Readers, 2012

Posté par indienagawika à 16:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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