06 décembre 2014

Le masque

le masque cover

 

Un jour à la sortie de l'école, Petit Frère trouve un masque, sans rien dessus, un masque de rien du tout. Un masque qui peut le transformer en tout ! En singe, en cerf, en ours, en loup...

Pratique pour aller taquiner les filles, ou impressionner les copains ! Sauf qu'à chaque fois, Petit Frère va trop loin, et fini par se faire remettre à sa place. Sauf que sa place, justement, Petit frère ne parvient pas à la trouver : il est bien trop frustré et fâché pour ça. Hors de lui, comme on dit justement. Alors, fort et captif de sa forme animale, il rugit, mord, grogne sa colère d'un air féroce... et ne parvient plus à retrouver sa forme humaine, redevenir lui même.

L'image de la métamorphose (forcée) pour aborder une émotion intense et primitive comme la colère, qui s'empare de nous. Petit Frère, comme chaque enfant construisant ses relations aux autres, joue de ces formes qu'il croit changer à son gré au début, fier, narquois, provocateur. Puis à mesure que monte sa frustration et sa colère, il se rend compte qu'il ne la contrôle plus. Même ses parents ne veulent pas le laisser rentrer chez lui, le prenant pour un loup. Une image puissante que ce passage, qui saisit mes papooses intensément à chaque lecture.

Magie de ces quatre mains de Stéphane Servant et d'Ilya Green, dont la collaboration fait toujours merveille (Nos beaux doudous, Ti Poucet...). Toujours cette sensibilité, cette intelligence pour saisir les peurs, les frustrations, les émotions de l'enfance comme personne. Les illustrations chatoyantes et poétiques d'Ilya Green fonctionnent comme un écho au texte de Servant, simple et d'une grande justesse, et le subliment en captant toute sa puissance symbolique.

Avec une grande subtilité, les mots disent des émotions profondes et universelles, sans bavardage. L'histoire trouve une résolution tendre et rassurante, qui semble couler de source comme l'amour familial.

Encore un magnifique album, poétique et plein de sagesse, à lire aux grands comme aux petits.

 le masque loup

 

Si certains d'entre vous ne les connaissent toujours pas, courez voir le travail de Stéphane Servant et celui d'Ilya Green !

 

ilya green dedicace

La jolie dédicace de Stéphane Servant et d'Ilya Green pour crâner un peu...

 

ombres masque

 

Et la très belle illustration finale (qui m'a particulièrement troublée car elle fait écho à la lecture de l'excellent roman Tant que nous sommes vivants, d'Anne Laure Bondoux, et aux ombres changeantes et animales d'un de ses personnages. Je vous parle dés que j'arrive à mettre des mots dessus...

 

 

Le masque, Stéphane Servant et Ilya Green.

Didier Jeunesse, 2011.

Posté par indienagawika à 23:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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