30 janvier 2015

Buffalo Runner

buffalo runner

 

La conquête de l'ouest touche à sa fin. Chez un photographe à la mode, quelques riches citadins se pressent pour poser comme des aventuriers de la conquête, harnachés de peaux et de fusils. Mais le regard s'arrête sur un vieux portrait, et le photographe se rappelle cet homme au regard intense qui posa jadis pour lui. Un véritable homme de l'ouest, Edmund Fisher.

1896, sud du Texas. Une carriole soulève la poussière dans un canyon doré, avec à son bord un père et ses deux enfants, en route pour la Californie et un avenir meilleur. Une courte halte près d'une hacienda délabrée, habitée de quelques misérables indiens et mexicains s'avère fatale. Seule Mary survit, grâce à l'intervention inattendue d'un héros sorti de nulle part : Edmund Fisher.

Retranché avec Mary dans l'hacienda, il planifie une riposte contre le reste du groupe qui devrait attaquer à l'aube selon toute vraisemblance. Ne pas dormir... Commence une longue nuit blanche au cours de laquelle Edmund Fisher fait le récit de sa vie, étroitement liée à la conquête de l'ouest.

C'est une histoire sanglante, dont Tiburce Oger choisit de ne pas gommer la brutalité. Troupeaux de bisons décimés, vengeances sanglantes des Indiens, tribus massacrées, on ne tourne pas deux pages sans voir couler du sang ou pourrir une carcasse. Cette violence dessinée n'est pas gratuite, mais réserve donc Buffalo Runner à un public plus âgé et averti. Une fois prise cette précaution, les amateurs de Western (dont je suis) apprécieront le rythme du récit, sa puissance tragique et sa beauté désespérée.

J'ai aimé ces récits emboités, ces retours dans le présent, cette narration rythmée qui alterne la lenteur de l'attente et accélérations fiévreuses.

Le trait est nerveux, les visages taillés à la hache. Fidèle aux codes du genre, l'auteur élargit régulièrement le cadre, donnant à voir la splendeur des paysages de l'ouest et quelques plans larges saisissants. Ajoutons quelques planches en pleine page : on en prend plein les yeux.

Le final virtuose clôt avec brio ce récit douloureux et mélancolique.

 

buffalo runner kill indian

 

 

Buffalo Runner, Tiburce Oger

Rue de Sèvres, 2014.

Posté par indienagawika à 06:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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