Ernest et Célestine : la Genèse
C'est sur le blog de Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait LIVREsse que je suis retombée avec stupéfaction sur cette illustration (que j'avais presque oubliée) et qui m'a rappelée une foule de sensations. Cette chère Martine … (loin des tâches ménagères, ouf !) Quoiqu'on puisse penser d'elle et de son quotidien gentiment tarte (mais c'est quand même pas de sa faute si elle est née fille dans la société patriarcale des années 50), elle fait partie du ciment d'une culture commune des livres pour enfants. Alors elle méritait bien un petit hommage.
Encore aujourd'hui, ce dessin m'évoque toute l'allégresse et la légèreté des débuts d'été, quand le ciel est bleu, les cerises mûres et les vacances pas très loin... Les branchages du cerisier sur l'azur du ciel, la luminosité, et ce parfum d'insouciance : cette illustration résume à elle seule l'été tel que je le revois dans mon enfance. Mais bon dieu, c'était quand la dernière fois que j'ai grimpé sur un cerisier ...?
Et Céline, l'hôte de ce blog propose ce sympathique challenge vintage dans lequel je me lance avec plaisir.
Je commencerai donc avec mes deux chouchous qui ne prennent pas une ride : Ernest et Célestine.
Ernest et Célestine Musiciens des Rues est paru en 1981 chez Duculot.
L'histoire commence dans le grenier, dans lequel il pleut par une fuite du toit. Comme toujours dans leur maison, l'ambiance est chaleureuse malgré ce manque de confort. Au milieu du joyeux désordre qui règne dans le grenier, Célestine retrouve le violon d'Ernest. Il n'en a pas joué depuis une éternité, et pourtant, dés les premières notes, Célestine est enchantée. Les voilà partis en représentation dans la rue, dans l'espoir de récolter quelques fonds pour réparer le toit de leur grenier. Mais pas un sou. De retour à la maison, Ernest est désespéré. C'est décidé, la musique c'est fini pour lui. Mais Célestine a une idée...
Comme toujours chez Ernest et Célestine, la tendresse l'emporte sur le malheur, et la joie d'être ensemble et de se faire plaisir l'un à l'autre est bien plus importante que les soucis matériels. Ernest et Célestine sont pauvres, mais ils sont loin d'être avares. A tous les deux, ils forment une famille dans tout ce qu'il y a de plus uni et de plus tendre, et on aimerait souvent se joindre à eux.
La délicatesse des illustrations de Gabrielle Vincent est un plaisir dont on ne se lasse pas.
Si vous avez ce trésor au fond de vos tiroirs, ne le laissez pas prendre la poussière plus longtemps...
Ernest et Célestine, Musiciens des Rues, Gabrielle Vincent


